Les stocks de lait en poudre stockés par l’UE, lors de la crise en 2016, pèsent sur le cours actuel. Damien Lacombe, le nouveau président de Coop de France Métiers du lait, revient sur le sujet et appelle Bruxelles à être « plus offensive en matière d’écoulement ». « Les stocks européens de poudre de lait, c’est aujourd’hui le vrai sujet à traiter », a déclaré Damien Lacombe, le nouveau président de Coop de France Métiers du lait, la structure issue de la fusion de la Fédération nationale des coopératives laitières avec Coop de France. Il est également président du groupe Sodiaal. Ces stocks, qui atteignent aujourd’hui 380.000 t au niveau européen, plombent toute perspective de revalorisation du prix du lait et compromettent tout rééquilibre du marché. Le sujet est d’autant plus prégnant que la collecte est repartie à la hausse, depuis l’automne, et le rythme s’est maintenu, en janvier, y compris en France. La croissance de la collecte aurait été de 5 %, en moyenne, dans l’UE et atteindrait même 8 % dans certains pays. Coop de France Métiers du lait en appelle à la Commission de Bruxelles pour qu’elle soit plus offensive en matière d’écoulement de ces stocks. Il faut dire qu’elle ne paraît pas réellement convaincue d’aller en ce sens, à ce stade, préférant laisser le marché se réguler tout seul. Damien Lacombe évoque « de nouvelles destinations » pour cette poudre, comme l’alimentation animale ou des dons aux plus démunis.
Les entreprises françaises pour soutenir le marché ?
La filière française serait même prête à mettre la main à la poche pour se débarrasser de ces stocks encombrants. Le président y met néanmoins une condition, à savoir que les différentes filières européennes soient prêtes à s’associer à ce financement professionnel, car il est hors de question que les entreprises françaises soient les seules à soutenir le marché. Une idée que les coopératives sont en train de porter auprès de leurs homologues européennes. En tout cas, le rééquilibre du marché permettrait de donner des marges de manoeuvre aux coopératives dans les négociations commerciales avec la grande distribution, qui doivent se terminer fin février. « Nous sommes au milieu du gué. Mais les bonnes intentions ont du mal à être suivies des faits », observe Damien Lacombe. Si certaines coopératives et certaines enseignes sont parvenues à un accord, tel n’est pas le cas pour la plupart des entreprises. Le nouveau président de Coop de France Métiers du lait compte d’ailleurs beaucoup sur les mesures proposées par le gouvernement sur le seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions, les prix abusivement bas pour redonner un peu d’oxygène aux coopératives et inciter la grande distribution à plus de souplesse.

Lu sur Le Télégramme